La carte des Beffrois

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Armentières
MONTEZ QUAND VOUS VOULEZ!!!

Vous êtes au moins 2 et vous souhaitez monter au beffroi...passez nous un petit coup de fil pour prendre rendez-vous et nous mettons un guide à votre disposition (du mardi au samedi). Tarifs : 3€ par personne 1€ pour les enfants de 6 à 12 ans.

Office de Tourisme d'Armentières - 33 rue de Lille 59280 Armentières - Tél : 03.20.44.18.19

ot.armentieres@wanadoo.fr   www.armentieres.fr/tourisme


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La renaissance du commerce

Le phénomène de construction des beffrois débute au lendemain des raids normands qui ont marqué les IXe et Xe siècles. Le retour à des conditions de vie moins troubles permet un redémarrage de la vie économique. Cette prospérité s’accompagne également d’une véritable explosion démographique. C’est dans ce contexte que va s’amorcer le mouvement communal dont les marchands sont les protagonistes.


En effet, les marchands commencent à s’organiser et fixent leurs entrepôts, appelés portus, à proximité des châteaux des seigneurs féodaux. Tout naturellement ces portus deviennent le lieu de foires permanentes avec notamment la résurgence du commerce de la laine. Dés le XIème siècle, Bruges, Ypres, Gand, Lille, Arras sont de petits centres d'industrie drapière d'où les étoffes sont exportées en Angleterre, sud de la France, Allemagne et Italie. La garantie de leur sécurité est une condition indispensable au développement économique. Aussi, ils entreprennent la construction de remparts en bois où sont érigées des tours de guet.


Charte de franchise et indépendance communale

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Charte d'Arras
Cette charte de franchise communale fut accordée aux Arrageois par Philippe-Auguste.
Charte d'Arras

A partir de là, la préoccupation majeure de ces marchands est de pouvoir organiser et administrer eux-mêmes leur cité. Ils se constituent en association (ghilde, carité, frairie ou hanse) et sollicitent des droits et privilèges auprès de leur suzerain.

Acquis sous la contrainte ou plus souvent chèrement payés, ces privilèges sont détaillés dans une charte de franchise  communale. Ce document, garant de leur autonomie administrative, judiciaire et commerciale, sera par la suite précieusement conservé. Il apparaît que la première charte communale que nous connaissions ait été accordée à la ville de Saint-Omer en 1127 par le Comte de Flandre. Celle d'Arras, datant de 1194, devient la base du droit des villes flamandes et représente la plus ancienne charte qui organise le renouvellement de l'échevinage. La commune est formée par l'ensemble des bourgeois qui vivent dans la même ville et qui ont prêté serment de fidélité.

A la tête de la commune sont des magistrats élus par les bourgeois, les échevins, et le maire (ou mayeur). Le jour du "renouvellement de la loi", c'est-à-dire le jour des élections, tous les bourgeois prêtent serment devant le corps échevinal.

Purement judiciaires, les fonctions des échevins finissent par devenir surtout administratives. Les délibérations du corps échevinal sont secrètes. Le mayeur, qui deviendra le maire, n'a généralement pas de pouvoirs spéciaux : c'est le premier des échevins.

Il préside le tribunal communal et les réunions administratives, il a la garde des sceaux de la ville, des clés de portes, le commandement de la milice communale.

De leur côté, les seigneurs ont tout intérêt à voir le commerce prospérer, touchant eux-mêmes un impôt prélevé pour l'étalage des marchandises sur le marché, le tonlieu. Les riches communes, quant à elles, peuvent acheter des privilèges et commencent à édifier des beffrois avec ou sans halle y attenant.


Droit de beffroi et droit de cloche

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Condé-sur-Escaut (Album de Croÿ)
L'église, le château-fort et le beffroi, symboles des 3 pouvoirs au Moyen-âge
Condé-sur-Escaut (Album de Croÿ)

Ces communes s’apparentent alors à de véritables seigneuries populaires et cherchent à posséder les apparences matérielles de leur nouveau statut. L’autonomie communale n’est pas suffisante, elle se doit d’être perçue par tous à travers l’obtention d’autres privilèges. L’autorisation de construire un beffroi permet de marquer architecturalement le paysage et les échevins vont se lancer dans la construction de tours sans cesse plus hautes afin de rivaliser le plus dignement possible avec le donjon du seigneur local ou le clocher de l’église. Ce droit de beffroi est indépendant de l’autonomie communale. Ainsi, une cité peut avoir un beffroi sans être une commune autonome et inversement. Il en est de même pour les droits de cloche, de sceau, de halle ou encore de loi. Le droit de cloche est un privilège onéreux puisqu’il permet de s’affranchir de l’autorité féodale ou religieuse pour l’organisation de la journée. La cloche sonne le début et la fin de la journée de travail et le couvre-feu mais surtout, elle permet de mobiliser rapidement la population en cas de danger (attaques, incendies...) ou de révolte.


L'utilité des beffrois

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Le beffroi de Rue édifié en 1448
Le beffroi de Rue édifié en 1448

Le beffroi devient alors peu à peu le lieu de concentration de tous les privilèges de la commune. Les étages de la tour remplissent toutes les fonctions de cette nouvelle entité. On y trouve une salle de réunion échevinale ou est également rendue la justice, des cachots, une salle du trésor où sont entreposés la charte, le trésor et le sceau de la ville. Une bretèche, sorte de balcon, permet aux échevins de s’adresser à la population pour les grandes proclamations et les rendus de justice. Plus haut, une salle renferme les cloches servant à rythmer la vie de la cité et un chemin de ronde permet aux guetteurs de surveiller les alentours.


Beffroi et Hôtel de ville

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Le beffroi d'hôtel de ville d'Armentières
Exemple d'un ensemble beffroi-hôtel de ville
Le beffroi d'hôtel de ville d'Armentières

L'hôtel de ville ou "stadhuis" fut élevé, à partir de la fin du XIVème siècle, lorsque les salles du beffroi ou des halles se révélèrent insuffisantes pour servir de local aux réunions échevinales. Laissant au beffroi son rôle de donjon et aux halles leur destination d'entrepôt et de marché, les bourgeois voulurent un local qui servît uniquement aux réunions échevinales et aux fêtes. Ce fut là l'origine de l'hôtel de ville. Comme le beffroi, ce fut un "steen" communal, c'est-à-dire une maison noble qui, par ce fait, put avoir des créneaux, des écussons, des girouettes, des bannières, des tours et des échauguettes.

L'hôtel de ville comprenait généralement un rez-de-chaussée et un étage. Le rez-de-chaussée était réservé soit aux communs, soit aux halles. La salle échevinale était, quant à elle, la principale pièce de l'hôtel de ville. C'est là que se réunissaient les échevins à date fixe, sous la présidence du mayeur, pour discuter des intérêts de la cité et que se rendait justice du seigneur-commune par l'intermédiaire de ses magistrats. Le seigneur y était reçu le jour de la "Joyeuse Entrée", il y prêtait  le serment où il reconnaissait le privilège de la ville en échange du serment féodal de celle-ci. Enfin c'est dans la salle échevinale que se donnaient les fêtes publiques, les bals, les représentations théâtrales souvent très somptueuses.

Architecturalement, les façades d'hôtel de ville feront, à partir du XVème siècle, l'objet de soins particuliers. Sculptées, ciselées, souvent décorées d'un monde de statues,  celles des maisons communes de Bruges, Bruxelles, Audenarde, Arras et Louvain deviendront de véritables chefs-d'œuvre d'orfèvrerie.


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